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Réseau d'observation de mammifères marins
 
 
 

Les déchets marins et leurs impacts sur l'environnement

Le Saint-Laurent est l'un des endroits les plus riches et diversifiés en Amérique du Nord. Il est composé d'une grande variété d'habitats côtiers et marins qui offrent abri et nourriture pour de nombreuses espèces de poissons, d'invertébrés, d'oiseaux et de mammifères marins. Ces animaux doivent partager leur milieu de vie avec l'humain qui est présent le long des berges du Saint-Laurent et plus au large lorsqu'il pratique des activités de pêche et de navigation. Cette présence humaine a des impacts sur la survie de plusieurs espèces marines. En plus de polluer le milieu marin par différents produits chimiques et par le bruit que font les moteurs des bateaux, nous produisons et rejetons une grande variété de déchets solides. Une bonne partie de ces déchets se retrouve sur les rivages du Saint-Laurent, flotte dans l'eau ou coulent dans les fonds marins. Ces déchets portent le nom de débris marins et sont souvent constitués de matière plastique et synthétique.

 

Globalement, les débris marins sont devenus depuis ces dernières années un problème de pollution majeur affectant non seulement le Saint-Laurent mais aussi tous les océans du globe. Ils flottent en mer dans toutes les régions du monde de l'équateur aux régions polaires. Ils se retrouvent sur les fonds marins dans les régions côtières et finissent leur voyage sur de nombreuses plages autant près des villes que sur de lointaines îles inhabitées. De grandes concentrations de déchets marins se retrouvent dans les couloirs de navigation, les zones de pêche et les zones où les grands courants marins se rencontrent. En plus de rendre nos plages pas très attrayantes, les débris marins représentent un danger pour les humains de même que pour les bateaux de pêche et de plaisance. Ils causent aussi de nombreuses blessures et parfois même la mort chez plusieurs espèces marines telles que les tortues, les baleines, les phoques, les oiseaux et les poissons qui s'y empêtrent ou les avalent.

 

 
ORIGINE DES DÉBRIS MARINS
 

Environ 80% des débris marins seraient d'origine terrestre tandis que les 20% restants seraient plutôt produits lors d'activités en mer. Quatre grands groupes se dégagent ici :

 
Les déchets en provenance des côtes sont des ordures abandonnées sur les plages, des restes de pique-niques et des détritus de dépotoirs côtiers. Ces débris comprennent des sacs plastique d'épicerie, des bouteilles et des canettes vides, des bouchons en plastique, des ustensiles en plastique, des emballages de friandises, du cellophane, des mégots de cigarettes, des briquets, des jeux de plage, des chaussures, des ballons de fête et des rubans, des ballons gonflés à l'hélium, des ficelles, des brosses à dents, etc.
 
Les rejets d'eaux usées sont constitués de rejets délibérés ou non d'origine domestique, agricole ou industrielle, de déversoirs d'orages, de trop-pleins d'égout sur la côte et dans les fleuves. Ces eaux usées entraînent avec elles différents déchets comme des préservatifs, des tampons hygiéniques, des détritus abandonnés dans les rues, des résidus de caoutchouc, des seringues, etc.
 
Les débris liés à la pêche comprennent des cordages, des filets, des lignes mono-filament et des hameçons, des leurres, des casiers à homards ou à crabes, des élastiques, des flotteurs et des bouées. Ils sont perdus accidentellement ou volontairement jetés à la mer.
 
Les déchets provenant de la navigation incluent les eaux usées, des ordures jetées par mégarde ou volontairement par-dessus bord, des paquets de cigarettes, des vieux contenants d'huile, des casquettes et autres objets s'envolant au vent, des conteneurs perdus en mer, etc.
 
 
CONSÉQUENCES SUR LA FAUNE MARINE
 
Un nombre incalculable de blessures et de mortalités affecte les animaux marins qui se prennent accidentellement dans les débris marins ou les avalent tout simplement en les confondant avec leurs proies habituelles. Avec le temps, les déchets faits de plastique se fragmentent dans les océans pour devenir éventuellement de la taille de grains de sable (microplastique). Ces particules, mesurant moins de 5 mm, seront ensuite avalées par de petits organismes marins qui auront le potentiel de transférer des substances toxiques et des polluants organiques persistants tout au long de la chaîne alimentaire lorsqu'ingérés par des prédateurs. Les débris plastique flottants peuvent aussi servir de radeau et transporter avec eux sur de grandes distances des organismes venus d'ailleurs susceptibles de s'établir dans de nouveaux environnements marins et entrer en compétition avec les espèces locales. Ils pourraient même servir de moyens de transport pour des algues causant par exemple des marées rouges toxiques. Certaines de ces espèces exotiques pourraient ainsi devenir de véritables nuisances et causer un grand tort à la faune aquatique indigène du Saint-Laurent.

 

Quelques faits :

  • La production et l'utilisation des matières plastique augmentent d'environ 9% par année à l'échelle mondiale. Dans les années 2010, nous serons rendu à plus de 300 millions de tonnes annuellement, ce qui équivaudra au poids de plus de 6 475 paquebots RMS Titanic !
  • Le tiers de cette production plastique est utilisée dans des items d'emballage qui seront rapidement jetés !
  • Au Québec seulement, entre 1,4 et 2,7 milliards de sacs plastique seraient distribués chaque année.
  • De 50 à 80% des débris côtiers sont constitués de plastique !
  • La durée de vie du plastique dans l'environnement se compte en centaines et en milliers d'années !
  • Une bouteille de plastique peut ainsi prendre jusqu'à 450 ans pour se décomposer !
  • En comparaison, c'est 50 ans pour un verre en styromousse et 200 ans pour une canette en aluminium !
  • Le mégot de cigarette arrive en tête de liste partout dans le monde comme le débris marin le plus abondant !
  • Les mégots de cigarettes rejetés dans l'environnement se comptent en milliards !
  • Ce problème s'est d'ailleurs accentué depuis que les fumeurs doivent souvent fumer à l'extérieur !
  • Et le plastique alors ? Près de 95% du filtre de cigarette est en fait composé d'acétate de cellulose, une matière plastique !
  • Toutes sources confondues, plus de 260 espèces animales marines ont souffert d'empêtrement ou d'ingestion de débris marins !

Dans les cas d'empêtrement, la mort peut survenir par noyade, étranglement ou à la suite de blessures que l'animal va s'infliger en essayant de se dégager. Incapables de se nourrir, plusieurs animaux marins mourront de faim. Les empêtrements touchent, entre autres, les tortues marines, les cétacés, les phoques et les oiseaux marins. Les débris liés à la pêche causent aussi la détérioration des barrières de corail et autres récifs. Les filets « fantômes », qui sont des filets de pêche perdus ou abandonnés en mer, entraînent dans la mort une multitude de poissons et d'animaux marins.

 

Quelques faits :

  • Plus de 300 000 cétacés et 345 000 pinnipèdes meurent globalement chaque année dans des engins de pêche !
  • La majorité de ces mortalités survient dans des filets maillants !
  • Dans le Saint-Laurent, le petit rorqual est une espèce sujette à de tels empêtrements !
  • Les phoques sont quant à eux portés à s'étrangler au niveau du cou. Chez l'otarie de Steller en Colombie-Britannique et en Alaska, les bandes plastique d'emballage en sont la cause dans 54% (24 sur 44) des cas !
L'ingestion de débris marins affecte particulièrement les tortues marines et les oiseaux marins. Ils les avalent parce qu'ils confondent ces débris avec leurs proies. La tortue luth, par exemple, avale des sacs plastique à la dérive croyant avoir affaire à des méduses qui constituent sa nourriture favorite. Les sacs plastique, les mégots de cigarettes, les bouchons, les granules et autres morceaux de plastique arrivent en tête de liste parmi les différents objets avalés. Ceux-ci peuvent provoquer des obstructions intestinales ou donner à l'animal la sensation d'être rassasié alors que la conséquence sera plutôt la malnutrition et à plus long terme, la mort par manque de nourriture.
 
 
 

Quelques faits :

  • Selon une revue de littérature récente, des matières plastique ont été retrouvées dans le tube digestif de 34% (138 sur 408) des tortues luths retrouvées mortes échouées !
  • 55% (48 sur 87) des tortues luths retrouvées mortes échouées sur la côte Atlantique française avaient des objets étrangers dans l'estomac !
  • Les albatros et les fulmars sont des oiseaux marins ingérant beaucoup de débris qu'ils « pêchent » en haute mer !
  • Un petit rorqual juvénile a été retrouvé mort avec 20 sacs plastique dans son estomac !

 

 
 
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© Réseau d'observation de mammifères marins, 2017 Section administrative Mise à jour : 30 juin 2015

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