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Réseau d'observation de mammifères marins
 
 
 

La chasse à la baleine

HISTORIQUE DE LA CHASSE À LA BALEINE DANS LE MONDE

Les premiers chasseurs : La chasse commerciale à la baleine a probablement débuté vers le 9e siècle dans la mer du Nord et au 12e siècle dans le golfe de Gascogne. Les premiers qui ont chassé les baleines sont les Autochtones et les Inuits, et cela, bien avant l'arrivée des Européens. La chasse était alors ardue puisque les chasseurs étaient équipés de simples harpons. Plusieurs heures étaient nécessaires afin de réussir à tuer un seul individu. L'espèce qui était la plus convoitée était la baleine noire puisqu'elle est si grasse qu'elle flotte une fois morte. Elle était donc facile à récupérer pour les chasseurs. De plus, cette espèce effectue des déplacements relativement lents, rendant plus facile le harponnage, et s'approche des côtes dans les eaux peu profondes.
 
Au cours du 16e siècle, les Basques ont été les premiers à avoir fait de la chasse à la baleine un métier et d'avoir commercialisé les produits dans le monde occidental. Puisque les populations de baleines noires ont commencé à diminuer, les chasseurs se sont déplacés vers l'Amérique du Nord. Au fil des siècles, on y a développé une véritable industrie de chasse un peu partout en Amérique du Nord. Chaque été, les Basques venaient chasser la baleine dans nos eaux et repartaient pour l'Europe à l'automne, leurs navires chargés de barils d'huile. La photo ci-contre illustre les vestiges d'un four de pierre, situés sur l'île aux Basques, utilisés anciennement pour faire fondre la graisse de baleine. Ils chassaient la baleine noire et la baleine grise. Il est également probable qu'ils ont contribué à l'extermination de la baleine grise de l'Atlantique, en chassant les derniers représentants de l'espèce.
 
La méthode de chasse utilisée par les Basques était très efficace. Ils rabattaient les cétacés dans des baies peu profondes et ils les tuaient, sans doute avec une lance. Malheureusement, en raison d'une chasse trop excessive, les baleines se raréfièrent. Au lieu de cesser la chasse à la baleine, les Basques ont choisi d'opter pour une autre technique de chasse: la chasse pélagique.
 
La chasse intensifiée: Très vite, les Anglais ont suivi les Basques et ont traqué les baleines franches. Ils les ont chassé jusqu'à extinction de la presque totalité des baleines franches de l'Arctique. Après avoir exterminé ces populations, les baleiniers se sont attaqué à d'autres troupeaux. Cet accroissement de la chasse a provoqué encore une fois la raréfaction de la baleine franche et a obligé les chasseurs à se tourner vers d'autres espèces exploitables. Des milliers de baleines étaient alors victimes de la chasse: baleines noires, rorquals, cachalots et autres. La chasse au cachalot a ainsi commencé aux environs de 1712 par les Américains.
 
Les harpons à tête explosive et les bateaux-usines: Le développement de nouvelles technologies de harponnage de la baleine (harpon à tête explosive) et l'arrivée de nouveaux bateaux-usines plus puissants ont révolutionné la chasse aux cétacés. Ces bateaux étaient munis d'une rampe permettant le remorquage des baleines jusque sur le pont, où l'équipage procédait ensuite au dépeçage de la baleine. Il était alors possible pour les chasseurs de pourchasser les baleines n'importe où. Cette révolution a entraîné des massacres encore plus importants de populations déjà affaiblies de grands cétacés. Les plus petites espèces ont tombé à leur tour en nombre considérable.
 
 
LA COMMISSION BALEINIÈRE INTERNATIONALE (CBI)
À la suite de la surexploitation des baleines, a été créée en 1946 la Commission baleinière internationale (CBI) qui regroupe différents pays préoccupés par la situation de baleines. Son mandat est de pouvoir assurer une viabilité de la ressource en appliquant des principes de conservation des populations. En 1982 a été décrété un moratoire sur la chasse à la baleine par les pays membres de la CBI. À ce jour, le moratoire n'a toujours pas été levé, quoique certains pays voudraient reprendre la chasse commerciale pour certaines espèces.
 
 
LES DIFFÉRENTES CHASSES POSSIBLES
  • La chasse commerciale: Elle exploite les mammifères marins dans le but de vendre sur le marché les produits qui en découlent: cuir, dents, viande, fanons, ossements, graisse (huile), etc. En 1982, la Norvège s'est opposée à la résolution du moratoire et a pu s'octroyer des quotas pour la chasse commerciale. Cette chasse a donc repris en 1993, visant exclusivement les petits rorquals. Aujourd'hui, on compte environ 700 petits rorquals qui sont annuellement tués dans les eaux territoriales de la Norvège. L'Islande prévoit se joindre à la Norvège d'ici peu afin de reprendre elle aussi la chasse commerciale.
  • La chasse scientifique: Toujours pratiquée dans certains pays, la chasse scientifique est comme son nom l'indique une chasse réalisée dans le but d'en connaître davantage sur les baleines. Toutefois, la chasse scientifique ne dessert-elle effectivement que la communauté scientifique ou cache-t-elle des intérêts commerciaux ? Seuls le Japon et l'Islande depuis 1993 ont des programmes de chasse scientifique. On y chasse le petit rorqual, le rorqual de Bryde, le cachalot et le rorqual boréal.
  • La chasse de subsistance: Certains pays ou nations ont conservé des droits ancestraux et chassent toujours les cétacés dans le but de s'en alimenter. Cette chasse doit, selon la CBI, n'être destinée qu'aux peuples autochtones locaux et viser à subvenir à leurs besoins alimentaires et culturels. Pour cette chasse, la CBI peut ou non octroyer des permis. En effet, certains pays tels que le Danemark (Groenland), la Russie et les États-Unis ont ces permis. Mais d'autres pays non membres de la CBI, tels que le Canada, n'ont pas de permis; ils chassent selon leurs propres règles.
LES PRODUITS DE LA CHASSE À LA BALEINE
Les Inuits ont été les premiers humains à chasser la baleine avec des armes rudimentaires. Ils ont chassé les baleines ainsi pendant des siècles. Tout leur était utile: la chair, la graisse, la peau, les os, les tendons, les fanons, les défenses de narval, etc. Ces matières premières servaient à confectionner des vêtements, des outils, des armes, des objets décoratifs. La graisse était utilisée dans l'alimentation et comme combustible pour les lampes à huile. C'est d'ailleurs grâce aux mammifères marins que les Inuits ont pu survivre dans les contrées inhospitalières où ils se sont établis.
  • Graisse (huile): Au départ, les Basques chassaient la baleine pour la graisse. Ils remorquaient les carcasses jusque sur la terre ferme pour y faire fondre le lard et obtenir de l'huile. Cette huile entrait par la suite dans la fabrication de divers produits tels que l'éclairage (lampe à huile), de la crème glacée, de la margarine et du rouge à lèvre.
  • Les fanons: Les fanons représentait la partie qui était la plus rentable lorsqu'une baleine était tuée. À l'aide de cette partie, on pouvait fabriquer divers produits tels que des balais, des parapluies dont les fanons constituaient les armatures, des brosses (poils des brosses).
  • Viande: De tous les temps, la chasse à la baleine a fourni de la viande à plusieurs communautés. Encore aujourd'hui, les japonais en consomment. Il s'agit même d'un plat gourmet. Dans certains restaurants, elle se vend plusieurs centaines de dollars le kilo. Des analyses d'ADN ont démontré qu'on y avait aussi servi illégalement de la viande d'espèces protégées comme la baleine à bosse et la baleine bleue.
  • Os: Les os étaient autrefois sculptés afin d'en faire des chaises ou autres meubles.
  • Autres parties: Les os, les ligaments et autres parties étaient mélangés ensemble et broyés afin de faire de la nourriture pour les animaux domestiques ou de l'engrais.
  • Les particularités du cachalot: Cette baleine fournissait des matières premières uniques en leur genre: le spermaceti et l'ambre gris. Le spermaceti est un corps gras contenu dans la tête du cachalot. On s'en servait pour fabriquer des bougies et du lubrifiant industriel. Des années plus tard, il est utilisé dans l'industrie automobile et spatiale. Bien qu'il dégage une odeur nauséabonde à l'état frais, l'ambre était employé en parfumerie. Une fois préparé, il sent bon.
 
 
 
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