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Réseau d'observation de mammifères marins
 
 
 

Biologie des phoques

Au cours de millions d'années d'évolution, le corps, les sens et les habitudes de vie des phoques se sont considérablement modifiés pour s'adapter au milieu aquatique, au point tel qu'ils sont maintenant plus habiles dans l'eau que sur la terre. Plusieurs biologistes pensent que les descendants terrestres actuels les plus proches des phoques seraient les ours. Découvrez la biologie des phoques...
 

 
LEUR MORPHOLOGIE GÉNÉRALE
 
Les phoques possèdent une allure générale fusiforme, lisse et hydrodynamique facilitant les déplacements sous l'eau. Leurs membres sont palmés et aplatis en forme de nageoires. Lorsqu'ils se déplacent dans l'eau, les phoques n'utilisent presque pas leurs membres antérieures pour se propulser. Ils s'en servent pour raccourcir un virage, nager sur place ou s'aider à plonger sous l'eau lorsqu'ils sont en surface. Ils utilisent plutôt leurs membres postérieurs pour se propulser. Ces derniers sont capables de s'ouvrir largement pour prendre un appui solide sur l'eau. Tous les doigts sont reliés par une membrane qui fait des pieds une palme très efficace. Les pieds se referment ensuite pour minimiser la résistance lors du mouvement de retour et ainsi de suite. Contrairement aux otaries et aux morses, les phoques ne peuvent pas replier leurs membres arrière sous leur corps pour se soulever. Toujours allongés vers l'arrière, ils deviennent inutiles lors des déplacements sur la terre. Pour se déplacer, ils ondulent leur corps en entier un peu comme le ferait une chenille. Les membres sont également munis de griffes puissantes qui les aident à s'agripper au sol ou sur la glace. Leur fourrure joue également un rôle d'antidérapant. Afin de limiter les pertes de chaleur excessives dans un environnement froid, voire glacial, et d'agir comme réserve énergétique lors des périodes de jeûne, les phoques possèdent une épaisse couche de graisse.
 
 
LA PERCEPTION DE L'ENVIRONNEMENT
 
Les conditions qui prévalent en milieu aquatique sont différentes de celles du milieu terrestre. Les sens des phoques ont dû s'adapter à ce milieu où les sons, la lumière et les odeurs ne voyagent pas comme dans l'air.
 
La vue... Puisque les phoques partagent leur existence entre le milieu marin et terrestre, ils doivent détenir la capacité d'adapter leur vision aérienne et aquatique pour voir dans ses deux milieux où les conditions visuelles sont très différentes. L'œil des phoques est très gros proportionnellement à leur corps ce qui permet d'augmenter l'acuité visuelle dans des milieux faiblement éclairés. Ils poss`dent une variété d'adaptations leur permettant de posséder une bonne vision autant sous l'eau que dans l'air.
 
L'ouïe... Les phoques ont une ouïe très développée. Ils perçoivent les ultrasons. Contrairement aux otaries, les phoques n'ont pas de pavillon externe, seul le conduit auditif est visible et s'ouvre au ras de la tête, dans la fourrure. Il est connu que les phoques ont une meilleure ouïe sous l'eau que sur terre et qu'ils sont capables de déterminer l'origine des sons. Tout comme les baleines, les phoques émettent aussi une grande variété de sons, dont on connaît mal l'origine. Plusieurs espèces de phoques émettent des clics qui ressemblent à ceux utilisés par les cétacés pour l'écholocation.

 

Le toucher... Les phoques possèdent de longues vibrisses solides à plusieurs endroits sur leur tête, soit à l'extrémité du museau, au-dessus des yeux et des moins visibles sur le dessus du museau, à mi-chemin entre les narines et les yeux. Les vibrisses constituent des organes très innervés et sensibles qui permettent aux phoques de détecter les objets et les mouvements sous l'eau. Elles les aident entre autres à poursuivre les poissons en vue de leur capture. Il est également connu que la peau des phoques contient des terminaisons nerveuses qui permettent de détecter les variations de température ambiante. Le toucher est un sens bien développé chez les phoques.

 

L'odorat... Même si les lobes olfactifs de leur cerveau sont plutôt petits, les phoques ont conservé un odorat bien développé. La cavité nasale des phoques est relativement longue et se termine par deux narines. L'odorat est uniquement utilisé hors de l'eau. En effet, grâce à un puissant muscle, les phoques peuvent soit dilater ou rétrécir leurs narines pour les fermer complètement au moment de la plongée évitant ainsi au phoque de se noyer sous l'eau en respirant. Sur terre, l'odorat intervient entre autre à la reconnaissance mère-petit.

 

Le goût... On connaît très peu de choses sur le sens du goût des phoques. Seuls des tests ont été effectués sur l'otarie de Californie et aucun sur une espèce de phoque. Ces tests ont révélé qu'elle aurait une sensibilité à l'acide semblable à la nôtre, au salé 20 fois plus développée que la nôtre et encore davantage pour l'amer, alors qu'elle ne semble pas détecter les arômes sucrés.
 
 
LA REPRODUCTION
 
La parade... Tout comme la grande majorité des mammifères, les mâles courtisent les femelles avant la reproduction. Pendant la période du rut, on peut observer de véritables combats où les dents sont principalement utilisées comme armes. Diverses stratégies sont employées tout dépendamment des espèces (ex.: forte odeur musquée, cabrioles dans l'eau, constitution de harems, combats, etc).  Toutes ces démonstrations ont le même but : attirer l'attention des femelles et gagner le combat contre les autres mâles pour s'accoupler.
 
L'accouplement... Les testicules des phoques mâles sont situés juste sous la graisse, de chaque côté du pénis qui contient un os pénien appelé le baculum. L'appareil génital de la femelle est semblable à celui des carnivores terrestres. L'utérus est bicorne et les ovaires sont placés près des reins. L'accouplement des phoques a généralement lieu peu après le sevrage du chiot. La période annuelle de l'accouplement diffère selon les espèces de phoques. Les accouplements peuvent avoir lieu dans l'eau ou sur terre.
 
La gestation... Après la fécondation de l'ovule, l'embryon ainsi formé ne s'implante pas immédiatement dans la paroi utérine, mais tombe plutôt en une sorte de diapause. Ce phénomène s'appelle l'implantation différée. C'est durant cette période que les animaux effectueront leur mue annuelle. Après une période de deux à trois mois, tout dépendant de l'espèce et de l'individu, un évènement déclencheur permettra de réveiller la dormance de l'embryon pour que celui-ci s'implante dans la paroi utérine. Plusieurs facteurs pourraient interagir pour lever cette dormance dont la photopériode qui semble être le plus important. Il est suggéré que ce phénomène soit utilisé par les phocidés pour que, année après année, les chiots naissent durant la période idéale pour leur survie. Après cette implantation, il y aura croissance normale de l'embryon jusqu'à la naissance (de 8 à 9 mois après dépendamment de l'espèce). Durant cette période, les femelles auront besoin d'augmenter leurs réserves énergétiques (réserves de gras) en vue de l'allaitement qui suivra la naissance.

 

La mise bas...  La période des naissances varie selon l'espèce. Les mises bas ont généralement lieu à terre ou sur la glace, ou encore exceptionnellement en eau peu profonde chez certaines espèces.  La femelle des phoques a habituellement qu'un seul chiot à la fois. Toutefois, des cas de jumeaux ont déjà été rapportés. Chez certaines espèces, une première mue s'effectue à l'intérieur de l'utérus de la femelle et le jeune naît avec son pelage d'adulte. C'est le cas entre autres du phoque commun. Chez d'autres espèces, telles que le phoque gris et le phoque du Groenland, les chiots naissent avec un pelage long de couleur blanc crème de nouveau-né, appelé lanugo. Ce pelage deviendra blanc quelques jours plus tard. Les jeunes vont acquérir ensuite leur pelage d'adulte progressivement au cours de leurs différents stades de développement.
 

L'allaitement... Chez les espèces de phoques du Saint-Laurent, toutes les femelles possèdent deux mamelles, à l'exception du phoque barbu qui en possède quatre. Chez les phocidés (phoques), la lactation se déroule sur une période relativement courte, allant de 60 à 75 jours chez le phoque du lac Baïkal à quatre jours chez le phoque à capuchon. Le sevrage se produit habituellement de façon brutale. De façon générale, plus la période de lactation est courte, plus les mères auront tendance à jeûner durant cette période. Entre autres, la richesse du lait en gras est proportionnellement inverse à la durée de la période d'allaitement. Le lait du phoque gris et à capuchon contient 60 % de gras alors que celui du phoque de Weddelll ne contient que 48 % de gras. Parmi les phoques de petite taille, il semble exister quelques alternatives au niveau de la stratégie de lactation utilisée. En effet, le phoque annelé et le phoque commun ne semblent pas être en mesure de jeûner durant toute la durée de la lactation comme la plupart des grosses espèces. Ainsi, ces petites espèces abandonneront momentanément leur jeune pour aller s'alimenter ou, comme pour le phoque commun, le chiot accompagnera sa mère durant cette période.

 
L'ALIMENTATION
 
La dentition des phoques, en ce qui concerne les dents juguales (molaires et prémolaires), est homodonte. Les canines sont habituellement bien développées. Les dents pointues servent uniquement à retenir les proies. Selon les espèces, l'abondance et la densité des proies, les phoques chassent seuls ou en groupes de taille réduite au sein desquels les individus collaborent peu entre eux. Les phoques ingèrent directement sous l'eau les proies de petite taille. Les proies de plus grande taille sont ramenées sur terre pour y être consommées en morceaux. Les phoques sont essentiellement piscivores, mais ils peuvent à l'occasion se nourrir de crustacés, de mollusques, de calmars et d'autres animaux marins. Toutefois, les espèces de poissons préférées diffèrent entre les espèces de phoques. L'impact des phoques sur les stocks de poissons commerciaux diffère également entre les espèces de phoques en raison de plusieurs facteurs comme le nombre d'individus dans la population (plus on est, plus on mange) et la taille de l'espèce (plus on est gros, plus on mange). La quantité de poissons ingérée par une population de phoques ne peut, à elle seule, expliquer le déclin des différents stocks de poissons commerciaux. Toutefois, il est possible que la prédation par les phoques ralentisse le rétablissement de certains stocks comme la morue franche.
 
 
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© Réseau d'observation de mammifères marins, 2017 Section administrative Mise à jour : 30 juin 2015

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